Interview France 3 : On vous dit tout 02.09.2021

ITW FRANCE 3 : ON VOUS DIT TOUT  02.09.2021



Carla : Bonjour Julie Jacquart !

Julie : Bonjour Carla !

Carla : Aujourd'hui vous nous aidez à trouver la bonne colocation !

Julie : Oui Bonjour à tous !

Vous le savez, en Île-de-France la situation est très tendue. Trouver un logement peut être un véritable parcours du combattant. Sans compter que se loger à Paris, ça coûte bien plus cher qu'ailleurs en France. Alors pour faire baisser le budget, de plus en plus de personnes se tournent vers la colocation. Et pas seulement les étudiants … mais comment trouver la colocation idéale ? Quel bail choisir ? Est ce que c’est aussi intéressant pour les propriétaires ? 

Elodie Setruk est avec nous aujourd'hui,  Bonjour ! 

Elodie  : Bonjour !

Julie : Merci d'avoir accepté notre invitation, vous êtes la cofondatrice de la plateforme Coloc and You qui met donc en relation d'éventuels colocataires et qui les accompagnent sur le long terme. Est-ce qu'il existe un profil type du colocataire en 2021 ?

Elodie : Évidemment les étudiants et jeunes actifs sont majoritairement représentés dans les recherches de colocation. Pour autant il y a de plus en plus de personnes retraitées, de personnes en situation de séparation, de familles monoparentales… ça s'élargit vraiment à l'ensemble de la population.

Julie : Parce que la colocation ça coûte vraiment moins cher qu'un appartement classique ?

Elodie : Oui, en moyenne 20% moins cher par rapport à un studio et sachant surtout qu’il y a tous les à-côtés (avec les charges incluses et logements qui sont déjà meublés équipés donc forcément plus pratiques). On dispose d'un cadre de vie beaucoup plus agréable que dans un petit studio.

Julie : Parce que c'est ça permet aussi d'avoir une surface plus importante ? 

Elodie : Tout à fait puisque en général on va bénéficier à la fois de son espace privatif (sa chambre avec ou sans salle d'eau privée) et en plus, on aura la cuisine le séjour et peut être des extérieurs en commun avec les autres colocataires.

Julie : Regardons d'ailleurs ces chiffres en Île-de-France : il faut compter 529€ par mois pour une chambre en colocation, un prix qui grimpe à 710€ à Paris mais vous l'avez dit qu'il reste malgré tout 20% moins cher qu'un studio.  Élodie Setruk, on comprend du coup pourquoi la colocation a le vent en poupe. Mais est-ce que c'est facile en Île de France de trouver des chambres en colocation ?

Elodie : Alors, il y a de plus en plus de sites justement qui se développent pour proposer ce genre de service. Il faut en amont préparer son dossier surtout sur les périodes charnières, comme en ce moment, la rentrée où il y a une forte demande par rapport à l'offre ! Il y a potentiellement plus de demandeurs que de personnes qui proposent une colocation donc effectivement tout préparer en amont pour pas avoir les chambres qui peuvent nous passer sous le nez.

Julie : Alors par exemple dans le dossier en général qu'est-ce qu'on demande ?

Elodie : ça va s'adapter évidemment à chaque situation mais ce sont les documents traditionnels (qui sont demandés pour un logement traditionnel) : la pièce d'identité, le contrat de travail lorsqu'on est salarié, les 3 dernières fiches de paie, l'avis d'imposition, sa situation par rapport à son hébergement : quittances de loyer, taxe foncière etc… en fonction de là où on était juste avant.

Julie : D'accord ! Est ce que quand on est en colocation on peut prétendre aussi aux APL ?

Elodie : Oui tout à fait !  Si le logement est éligible, bien sûr ! On a le droit de demander les APL et d’en bénéficier.

Julie : Ça veut dire quoi le logement est éligible ? Qu'est ce qui fait? Comment on sait que le logement est éligible ou pas ?

Elodie : C'est sous certains critères. Il y a par exemple la surface de la chambre qui doit faire plus de 9 m², il doit y avoir une fenêtre évidemment à la chambre ce qui peut paraître anodin mais on voit de plus en plus de logements on va dire atypiques où toutes ces règles ne sont pas forcément respectées…

Julie : Donc on fait attention, et on demande au propriétaire avant, par exemple, de signer son bail si on peut s’il est éligible aux APL. C'est comme ça que ça marche ?

Elodie : Tout à fait ! Il faut que le bail soit éligible parce qu' en cas de sous-location par exemple on ne pourra pas prétendre aux APL. 

Julie : Bien sûr,  exactement. Alors il est aussi important de bien s'entendre avec ses colocataires. À quoi doit-on faire attention avant d'habiter à plusieurs? Quels sont vos conseils ?

Elodie : Regarder la tranche d'âge, parce que souvent même au sein d'une tranche d'âge similaire, en fonction de s'il s'agit d'étudiants ou de jeunes actifs, les rythmes de vie peuvent être différents.Il y a aussi les attentes vis-à-vis de ses colocataires. En priorité, regarder surtout la façon de vivre par rapport à l'hygiène de vie, à la répartition des tâches ménagères qui sont des problèmes assez récurrents et après l'entente et le feeling se découvrent au fur et à mesure du temps.

Julie : Mais qui choisit les colocataires? C'est le propriétaire ? Il demande quand même l’avis aux autres colocataires !? 

Elodie : Tout dépend, c'est vraiment en fonction de chaque situation ! En cas de bail solidaire, ça va être en général les colocataires qui vont eux-mêmes recruter leurs futurs remplaçants et colocataires, et après présenter le nouveau colocataire au propriétaire. S'il s'agit d'un bail individuel dans ce cas-là, ça peut être soit le propriétaire, soit l'agence,  ou bien encore selon les cas, les colocataires qui proposent un nouveau candidat pour une chambre qui est disponible. 

Julie : Vous avez un peu répondu tout à l'heure : c'est important de mettre d'entrée de jeu des règles de vie strictes parce que sinon ça peut vite être très compliqué?

Elodie On le conseille fortement en tout cas, après chacun fait comme il le souhaite ! 

Julie : Vous parliez aussi des baux, on va y revenir. Quel bail faut-il signer ? Vous parliez de bail solidaire, bail de colocation, quelle est la différence  ?

Elodie : Bien sûr ! Le bail solidaire en fait c'est que tous les colocataires vont être solidaires d'un loyer global dans son intégralité : par exemple s'il y a une chambre qui est disponible, les autres colocataires devront payer le complément pour la chambre qui est inoccupée!  À l'inverse, avec un bail individuel on signe le contrat de bail pour sa chambre uniquement. Du coup notre garant se porte garant uniquement pour notre chambre et non pas pour l'ensemble de la colocation (sans connaître les autres colocataires et ne pas risquer d'être redevable de l'intégralité d'un loyer, plus important).

Julie : Ça veut dire que c'est, par exemple, ce que doivent signer les étudiants plutôt !?

Elodie Oui !  Étudiants, jeunes actifs … c'est l'avenir le bail individuel !

Julie : Oui mais ils ont intérêt les étudiants à signer un bail individuel, pas solidaire !?

Elodie : Tout à fait ! Oui de façon à ce que derrière leur garant soit garant uniquement pour eux, et pas pour l'ensemble de la colocation !

Julie : Est-ce que ça des avantages aussi pour les propriétaires? Est-ce que certains parfois peuvent être réticents à louer leurs grands appartements ? Ils y voient quand même, ils y trouvent un intérêt?

Elodie :  Oui ! Alors clairement en termes de revenus locatifs pour eux c'est beaucoup plus intéressant puisque du coup ils augmentent le montant de la location. Il y a aussi le risque locatif du coup qui est divisé entre le nombre de colocataire au lieu de reposer sur une seule personne (comme une famille monoparentale ou un couple). Là il repose sur peut-être sur  4,5,6 personnes et en plus derrière il y a aussi de nombreux avantages fiscaux via les différents régimes qu’ils peuvent choisir puisque en général on est sur le régime LMNP.

Julie : Et bah super ! Eh bien merci beaucoup et Élodie Setruk pour toutes vos réponses ! Je rappelle que vous êtes là co-fondatrice de la plateforme Coloc and You.